Gouvernance & Financement·Urbanisme & déplacement

Coupons l’éclairage public la nuit !

Les arguments en faveur de la coupure de l’éclairage public en pleine nuit sont nombreux. L’impact sur la maîtrise des dépenses municipales (et possiblement sur la fiscalité locale) en est sans doute la principale. Même si nos édiles intègrent aujourd’hui plus qu’hier l’impact écologique. Fortes de ces constats, les communes commencent à baisser leur éclairage.

Hausse de la pollution lumineuse

D’après une étude de l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes (ANPCEN), la quantité de lumière artificielle émise la nuit a augmenté de 89 % entre 1992 et 2012 et leur durée est passé de 2 100 à 3 500 heures par an entre 1992 et 2005. La raison de cette progression est l’extension continue du parc d’éclairage public, alimenté aujourd’hui par 11 millions de points lumineux en France, selon l’ADEME.

Préservation de la biodiversité

L’éclairage artificiel affecte la biodiversité. Les oiseaux chantent plus tôt, la vision nocturne de nombreuses espèces est perturbée, les oiseaux migrateurs sont désorientés, la photopériode des plantes se modifie, … Le halo lumineux qui s’observe autour des espaces urbanisés dérange le rythme biologique articulé depuis toujours par une alternance du jour et de la nuit. La faune et la flore sont touchées.

Limitation du réchauffement climatique

En France, près de 5,6 milliards de KWh ont été utilisés pour l’éclairage public en 2012, comme en 2005. L’ADEME et EDF estiment entre 30 et 40% la perte d’énergie pour les communes du fait d’une mauvaise qualité, d’une surpuissance des sources ou de la vétusté des installations dédiées à l’éclairage public. Responsable de 4 % des émissions de gaz à effet de serre, l’éclairage public contribue au réchauffement climatique.

Maîtrise des dépenses publiques

Parce que 37% de la facture d’électricité d’une commune est lié à l’éclairage public, de nombreuses municipalités ont réagit. Le potentiel d’économies budgétaires peut varier de 25 à 50% au minimum, selon l’ANPCEN. Dans un contexte de rigueur budgétaire, les efforts des collectivités sont à la fois dans l’extinction partiel ou total de l’éclairage public au plus fort de la nuit, mais aussi du côté investissement, avec par exemple le remplacement progressif des ampoules à incandescence par des ampoules à basse consommation de puissance inférieure ou des lampadaires-boules qui éclairaient vers le ciel. Néanmoins, en en raison de l’augmentation du prix et des taxes sur l’électricité, ces initiatives cherchent avant tout à éviter l’escalade financière.

Le concours national Villes et villages étoilés

Sur le modèle des Villes et Villages Fleuris, un concours biennal existe également pour encourager et valoriser les démarches locales dans la diminution de la pollution lumineuse. Le concours Villes et villages étoilés cherche à évaluer les éléments qualitatifs et techniques sur l’éclairage public ainsi que la pertinence des choix et usages réalisés. Les lauréats de l’édition 2015 seront connus à la fin de l’année. En 2013, 183 communes ont été labellisées et 5 distinctions spéciales du jury ont été attribuées.

Économiquement et écologiquement avantageuse, l’extinction des feux est lancée dans de nombreuses villes. Alors on éteint ?

photo originale @ Yoann Singh

Direction Centre-Ville

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