Gouvernance & Financement

Contrats de ville : les centres-villes au cœur de la pauvreté

La nouvelle géographie d’intervention de la Politique de la Ville voit émerger davantage encore de centres-villes, aux côtés des quartiers périurbains historiquement bien ciblés par cette démarche partenariale. C’est le signe d’une paupérisation des cœurs de ville plus prégnante en France. Ces nouvelles poches de pauvreté se retrouvent ainsi bénéficiaires des contrats de ville.

La nouvelle Politique de la Ville

En juin 2014, une nouvelle géographie d’intervention de la politique de la ville était annoncée par le Gouvernement. 1 300 quartiers prioritaires situés dans 700 communes, contre 2 600 dans 900 auparavant, ont été identifiés afin de concentrer les efforts sur les quartiers les plus pauvres. Pour éviter le saupoudrage des moyens mis en œuvre et rationaliser l’intervention publique, le gouvernement a repris les nombreux zonages existants (ZUS, CUCS, ZFU, ZRU, …) afin de les remplacer par une seule carte au bénéfice des territoires les plus en difficulté.

Les objectifs de la Politique de la Ville

La Politique de la Ville mobilise les politiques publiques au service des quartiers prioritaires. Les nouveaux quartiers prioritaires sont identifiés selon un seul critère, le revenu des habitants, c’est-à-dire la concentration des populations ayant des ressources inférieures à 60 % du revenu médian. La Politique de la Ville vise à revaloriser ces quartiers et à réduire les inégalités sociales. Elle comprend des mesures dans les domaines de la cohésion sociale, du développement économique et de la rénovation urbaine afin de permettre la mobilisation de l’ensemble des politiques publiques d’éducation, d’emploi, de justice, de sécurité, de transport, de santé pour « rétablir l’égalité républicaine dans les quartiers ».

La signature des contrats de ville

Par l’intermédiaire d’un partenariat défini entre la collectivité et l’ensemble des riverains de ces quartiers (à travers des conseils citoyens), la Politique de la Ville est co-construite. Les nouveaux contrats de ville pour la période 2014-2020 sont conclus au niveau des intercommunalités pour une mise en œuvre opérationnelle de l’ensemble des engagements des partenaires. Basés sur 4 piliers que sont l’emploi, le cadre de vie, la cohésion sociale et les valeurs républicaines, ils répondent à une double mission :

  • « réduire les écarts de développement entre les quartiers défavorisés et leurs unités urbaines, et
  • améliorer les conditions de vie de leurs habitants en luttant notamment contre toute forme de discrimination ».

Les actions économiques de la Politique de la Ville

Auparavant largement cantonnés à l’insertion professionnelle et à l’emploi, les nouveaux contrats de ville sont aujourd’hui davantage orientés vers la sphère économique dans un esprit de développement global des quartiers prioritaires. Ainsi au niveau développement économique dans les contrats de ville, peuvent être offertes diverses actions de stimulation telles que :

  • l’offre de financement de BPI France pour le soutien à la création d’entreprise,
  • le fonds de capital développement Impact partenaires,
  • l’exonération des impôts locaux des petits commerces,
  • la majoration du plafond de l’exonération pour une nouvelle embauche d’un salarié domicilié dans ces quartiers,
  • l’aide aux projets immobiliers à vocation économique,
  • l’accompagnement de la revitalisation des centres commerciaux,

Des contrats de ville en centre-ville : l’exemple de Muret

Au titre de la Politique de la Ville, deux quartiers de Muret (Haute-Garonne), à une vingtaine de km au sud de Toulouse, ont été retenus : Saint-Jean et Centre-Ville. Les 5 500 habitants de ce dernier disposent d’un revenu médian annuel de 11 700 €. Le cœur de ville présente la moitié de l’habitat indigne de l’agglomération, des espaces publics vieillissants, une structure commerciale inadaptée avec 2 000 m² de surface commerciale vacante.

Dans le cadre du contrat de ville, le centre-ville va bénéficier de nombreuses actions visant à le requalifier et à en développer l’attractivité. Il s’agit notamment :

  • de requalifier les aménagements urbains (éclairage, mobilier, …) et les terrasses des cafés et des restaurants,
  • de mettre en œuvre une OPAH (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat) de renouvellement urbain,
  • de favoriser l’installation de nouveaux commerces par l’identification et la promotion des locaux disponibles ainsi que la détection et l’accompagnement des porteurs de projets,
  • d’installer des locomotives par la préemption urbaine et la rénovation des locaux acquis par ce biais,
  • de la relocalisation en centre-ville de services drainant un large public,
  • de susciter et d’accompagner la création d’animations de rue avec l’association des commerçants,

Établies avec soin et grande compétence, ces actions volontaristes pour le centre-ville dans le cadre du contrat de ville sont, isolément, de nature à favoriser sa redynamisation et à en développer l’attractivité. Mais quel en sera l’impact si l’on tient compte de la prochaine mise en chantier de la zone commerciale Porte des Pyrénées à l’entrée sud de la ville de 38 000 m² sur une ZAC de 286 000 m² ?

photo @ Grégory Tonon

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